Gamos Écoresp’

Il paraît qu’on est entré dans l’air de la conscience écologique et que tout labeliser eco-friendly est un argument irréfutable de qualité ET de respect de la nature. Et c’est vrai ! Jusqu’à ce que les petits fouineurs se renseignent sur les réelles pratiques des fabricants. Est-ce que c’est applicable à tous les domaines ? Même celui de l’automobile ? 

LES PREMIERS MOTEURS ÉLECTRIQUES 

Le secteur de l’automobile a lui aussi son couloir dans la course à l’écologie, et ça date pas d’hier ! La plus vieille voiture électrique connue a roulé pour la première fois en 1830. On attribuerait ce mérite à l’écossais Robert Anderson mais elle ressemblait alors plus à une carriole. L’américain Thomas Davenport reprend le modèle et l’applique sur une mini locomotive 5 ans plus tard, qui sera réadapté par Robert Davidson en 1838 (un autre écossais) sur une voiture capable d’atteindre … 6km/h (pas encore un bolide), le tout sans batterie. À partir de là, les ingénieurs vont se bousculer pour obtenir les meilleurs résultats possibles ! En 1859, Gaston Planté invente la première batterie pour voiture électrique et 40 ans plus tard, la “Jamais Contente” de Camille Jenatzy fut la première voiture à dépasser les 100 km/h, une électrique qui plus est. 

Malheureusement, la voiture à essence prend du galon la décennie suivante. Notamment la Ford T, qui a une meilleure accélération et une plus grande autonomie (déjà une galère à l’époque), sans parler de son modèle de fabrication à la chaine révolutionnaire qui envoie toute la concurrence au tapis. Et c’est sans compter la voiture à vapeur avec le Rocket Stanley qui dépasse les 200 km/h dès 1906. Plus on avance, plus on trouve de défauts à la voiture électrique, elle manque de puissance, de vitesse et d’autonomie, elle coûte plus cher que les modèles à essence ou vapeur, et est encore moins efficace après l’arrivée du moteur à explosion. Elle tombera dans l’oubli avant de revenir en 1973 avec la première voiture hybride de General Motors. 

IL ME FAUT ÇA ! 

Aujourd’hui, il existe un large éventail de véhicules “propres”. Les inquiétudes grimpantes pour le climat poussent les constructeurs à proposer des produits consommant pas ou peu de carburant issu de l’énergie fossile dans un souci de gestion des ressources mais également de pollution de l’air. Le principal danger du gazole et de l’essence est le rejet de particules fines et gaz polluants dans l’air (dioxyde de carbone, oxyde d’azote, …) qui contribuent au réchauffement climatique et provoquent des maladies respiratoires (graves) si respirées à trop grandes doses. Gardons à l’esprit que l’Union Européenne a fixé le seuil de pollution 95g/km, au-delà duquel les constructeurs peuvent s’attendre à des pénalités (50€ par gramme en excès), et 138g/km pour les récents propriétaires. 

Pour résoudre ces problèmes de pollution, les constructeurs ont innovés dans l’efficacité des moteurs. On peut commencer par le moteur thermique, celui qui consomme le plus d’énergies fossiles.

Les plus récents sont optimisés pour consommer moins ou pouvoir fonctionner aux biocarburants et sont désormais équipés de systèmes anti-pollution comme le filtre à particules. Le deuxième candidat est la voiture hybride, savant mélange entre le moteur thermique et l’électrique. Elle roule sans utiliser d’essence en ville et le moteur thermique prend le relai au-dessus d’une certaine vitesse, généralement 50 km/h. Le système de retors permet de recharger le moteur électrique pendant que la voiture roule au carburant et freine. Mais il existe des hybrides rechargeables (des “plug-ins”) comme les électriques. Et pour finir la voiture électrique qui elle ne consomme aucun carburant et ne rejette pas plus de 20g/km de CO2 (et pas de bruit non plus). 

Notons également que le gouvernement donne des bonus aux véhicules verts et même des primes à la reconversion allant jusqu’à 5000€ et des bonus supplémentaires s’il s’agit d’un véhicule électrique, selon son prix d’achat. 

ET C’EST ÉCOLOGIQUE ? 

On parle beaucoup des avantages évidents des véhicules propres en matière de consommation et de pollution, mais ils n’en restent pas moins des produits manufacturés et on le sait, toute transformation pollue. Déjà, il y’a les batteries, sans doute le plus gros défaut des véhicules électrique. Elles limitent l’autonomie d’au mieux 400 km là où les moteurs à essence montent facilement jusqu’à 600 km, et il n’y a pas encore assez de bornes de recharge en France.  

La batterie est à acheter ou louer en plus de la carrosserie et son prix oscille entre 5000€ et 9000€ (40 à 80€/mois). En plus de son poids considérable (300 à 400 kg), elle perd en efficacité au fil des années et sa durée de vie est estimée entre 5 et 10 ans, soit 2000 à 3000 cycles de charge. L’extraction des minéraux nécessaires à sa fabrication comme le lithium et le nickel (principalement en Amérique du Sud) et l’utilisation du charbon pour sa fabrication dans les pays asiatiques, sont grandement polluants (ils ont même été rappelés à l’ordre par Amnesty International). 

À côté de ça il reste toujours le temps de chargement de la batterie bien plus long qu’une pompe à essence, la production de consommables qui s’usent comme les pneus ou les ampoules qui s’ajoutent à la liste des composants non/difficilement recyclables des voitures et le fait que l’électricité vienne de la production nucléaire, une des sources d’énergie parmi les plus polluantes qui existe aujourd’hui et absolument pas renouvelable. Et je te parle même pas de l’abonnement obligatoire pour recharger ta voiture à une borne. 

PLUS VERT AILLEURS 

Nombreuses sont les marques à proposer des véhicules propres depuis leur retour à la fin des 90’s. La première à profiter de la vibe fut l’hybride Prius de Toyota en 1997, puis la Nissan Leaf en 2009. Toutes les grandes marques s’y sont lancées dernièrement, beaucoup de modèles de la citadine au fourgon sont désormais disponible en électrique et en hybride. Les marques japonaises Nissan et Toyota et coréenne Hyundai offrent des gammes de véhicules très variées dans les deux domaines et même certaines voitures à hydrogène.  

En Europe, Ford et Volkswagen proposent les meilleurs équilibres entre qualité, prix et gammes même si les véhicules les plus vendus sont français, surtout au niveau des citadines (Renault Zoé principalement). Les voiturettes aussi ont le droit de passer à l’électrique comme la Citroën Ami ou la marque Axiam. Mais le véritable gagnant de cette course à l’électrique c’est bien Tesla. Ils ont su allier puissance, confort et design en plus de garantir les plus grandes autonomies du marché (jusqu’à 547 km askip) et de se servir de l’énergie solaire pour recharger sa voiture et ses équipements de maison grâce à son “Power Wall”. 

HYBRIDES VOITURE X SPACESHIP 

L’innovation technologique est au cœur de l’industrie automobile et le passage à l’électrique inspire plus que la simple nécessité de se déplacer en polluant le moins possible. C’est un défi constant pour amener d’autres disciplines autour du véhicule, comme l’intelligence artificielle qui contrôle déjà les distances entre deux véhicules et assite le conducteur, l’évolution du tableau de bord avec de moins en moins de boutons et des surfaces d’affichage repensées pour éviter de quitter la route de yeux.  

On peut noter les piles à combustibles, qui brûleraient de l’hydrogène pour ne rejeter que de l’oxygène et de l’eau ou l’utilisation du polypropène expansé, un isolant thermique servant généralement dans le bâtiment, pour éviter la surchauffe des batteries, la déperdition d’électricité et les chocs. Le design aussi a sa place dans la team, il allie des esthétiques futuristes au confort, autant pour l’intérieur que pour l’aérodynamisme en extérieur. En bref, des futures fusées bien cosys. 

Le gamos écoresp’, ça n’existe pas. Ce que les fabricants gagnent à un endroit, ils le perdent autre part. Même si on constate de nombreux efforts pour changer ce mode de consommation et se conformer aux normes qui se durcissent sans cesse, les ressources à ce jour ne permettent pas vraiment d’en faire des arguments de vente très pertinents. On est encore loin de la voiture volante ! 

Aller je vous laisse approfondir vous-même, la bise ! 

PS : La loi de l’UE prévoit de diminuer le seuil de tolérance de rejet de CO2 de 5g tous les ans, il passera à 133g/km l’année prochaine et était de 190g/km en 2012. Pour les constructeurs, il ne devra pas dépasser 81g/km en 2025 et 59g/km en 2030. (Panique pas, les voitures d’occase ne sont pas concernées). 

Je te sens gourmand aujourd’hui, non ? Ça tombe bien, on t’a préparé une petite story « Tu roules dans quoi ? » sur le pétrole et le carburant.

Pour aller plus loin ?

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